Douze mensonges sur les plantations d'arbres déconstruit par le WRM
Dans un contexte tendu, marqué par les canicules et les incendies, les forestiers et leurs syndicats professionnels communiquent beaucoup. C’est logique : ils savent que leur responsabilité est engagée et que leurs pratiques vont connaître un regain d’attention. Leurs communicants, chargés de tordre la réalité et de leur fabriquer une image plus conforme, ne chôment pas. Si on les écoute, on a face à nous d’ardents défenseurs du vivant et de la biodiversité. Dans les faits, il n’en est rien. Même s’il existe une minorité de forestiers respectueux de leur environnement (cf le réseau Prosilva), les plantations en monoculture de résineux restent la norme et sont un désastre pour la nature.
Nous reproduisons ici l’intro d’une brochure rédigée par le WRM (Mouvement Mondial pour les Forêts Tropicales) qui reprend 12 mensonges sur les plantations d’arbres en les déconstruisant méthodiquement.
La brochure est téléchargeable sur leur site: 12-reponses-a-12-mensonges
Planter des arbres peut être très positif, mais cela peut aussi être très négatif. Tout dépend de qui plante les arbres, de la raison pour laquelle on les plante, de l’ampleur et de l’emplacement des plantations et des dommages ou avantages qu’ils apportent aux communautés.
Les plantations industrielles d’arbres – connues sous le nom de monocultures – sont utilisées pour produire du bois, de la pâte à papier, du caoutchouc, du charbon de bois et d’autres produits agricoles. Les entreprises qui les possèdent se concentrent sur une seule essence à croissance rapide, comme l’eucalyptus, l’acacia, l’hévéa ou le pin. Des plantations sont également mises en place pour absorber le dioxyde de carbone, ce qui permet aux entreprises de continuer à émettre des gaz polluants ; on les appelle des plantations de « compensation carbone ».
Les monocultures d’arbres se sont principalement propagées en Amérique latine, en Afrique et en Asie, et ont entraîné toute une série d’impacts négatifs, parmi lesquels l’invasion de territoires communautaires, des pénuries d’eau et des contaminations, et une atteinte à la souveraineté alimentaire. Les luttes de résistance au développement des plantations industrielles d’arbres sont très fréquentes en raison des graves impacts de ces activités.
Les entreprises responsables de ces plantations nient les impacts négatifs et développent régulièrement des campagnes de désinformation destinées à obtenir le soutien des gouvernements, à séduire les médias, à convaincre les investisseurs de financer leurs plantations et à persuader les consommateurs d’acheter leurs produits. De manière aussi importante, ces campagnes ciblent les communautés impactées par ces plantations et elles contribuent fréquemment à intimider et criminaliser les membres de la communauté qui luttent contre les plantations dans le but d’étouffer toute résistance.
En réponse, le WRM a publié la note d’information Dix réponses à dix mensonges en 1999, dénonçant les déclarations mensongères les plus courantes des sociétés de plantations à l’époque.
Les plantations industrielles d’arbres ont de nouveau pris de l’ampleur ces dernières années à la faveur de l’affirmation erronée qu’elles peuvent contribuer aux efforts d’atténuation du changement climatique. Les sociétés de plantations ont bénéficié de nouvelles sources de financement et de politiques favorables à leurs intérêts depuis la signature des accords de Paris des Nations Unies en 2015.
De nombreux mensonges traités dans la note d’information initiale Dix réponses à dix mensonges continuent d’être utilisés, tandis que certains ont changé et que de nouveaux sont apparus. Le WRM publie donc maintenant 12 réponses à 12 mensonges à propos des plantations industrielles d’arbres, un nouveau texte qui se base sur la note d’information de 1999 rédigée par Ricardo Carrere.
Nous vous suggérons également la lecture de Que pourrait-il y avoir de mal à planter des arbres ? La nouvelle offensive visant à multiplier les plantations industrielles d’arbres dans les pays du Sud (WRM, 2020).
Montevideo, 21 septembre 2022, Journée internationale de lutte contre les plantations d’arbres en monoculture - L’équipe du Secrétariat international du WRM