Le déclin des forêts en France
Contrairement à ce que les campagnes de communication des industriels de la filière bois nous affirment, les forêts françaises ne sont pas en expansion : elles reculent.
Si les chiffres bruts semblent rassurants — 15 millions d’hectares boisés en 2020 selon l’IGN, contre 10 millions en 1908 — ils recouvrent des réalités très différentes. La moitié (cf source) est en effet composée de plantations monospécifiques avec 37% de résineux, dont la pauvreté en biodiversité les distingue fondamentalement des écosystèmes forestiers.
Comptabiliser ces champs d’arbres au même titre que de véritables forêts crée une confusion statistique que les lobbies du secteur exploitent habilement pour occulter le déclin réel des forêts françaises.
Face à cette réalité inquiétante, il y a moyen de résister.
L’association Pro Silva propose des formations aux propriétaires souhaitant adopter une sylviculture plus respectueuse des écosystèmes. Le principe est simple : les arbres sont prélevés à maturité, avec un matériel adapté pour ne pas abîmer les sols, laissant ainsi la lumière et l’espace aux arbres plus jeunes. La forêt se renouvelle à son propre rythme, sans rupture brutale du couvert végétal.
Les groupements forestiers coopératifs (GFC) constituent une autre alternative intéressante. Ce dispositif permet à plusieurs propriétaires de mettre en commun leurs parcelles forestières pour les gérer collectivement, selon les principes d’une coopérative.
Chaque membre conserve la propriété de ses terres tout en bénéficiant d’une gestion mutualisée — compétences, équipements, coûts d’exploitation — ce qui allège considérablement la charge pesant sur les petits propriétaires isolés. Cette mise en commun favorise également des choix sylvicoles plus cohérents sur de grands territoires, rendant plus aisée l’adoption de pratiques respectueuses des écosystèmes.
Tout cela vous semble irréaliste ? Voici une carte qui recense plusieurs GFC en France: Carte des alternatives forestières