**Nous publions ici l’introduction du rapport de Magali Rossi : Le carbone forestier en mouvements Éléments de réflexion pour une politique maximisant les atouts du bois. Vous pouvez lire et télécharger le rapport dans son ensemble (Lien en bas de page).**

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La forêt est un écosystème permettant à la fois de produire de nombreuses ressources et services écologiques pour les sociétés humaines, et à une riche biodiversité de s’épanouir. L’Homme en tire des revenus (vente de bois, location de chasse, etc.), des services nombreux (gestion de l’eau, lutte contre l’érosion des sols, usages récréatifs, etc.). L’objet de ce rapport est d’étudier un service écosystémique, le stockage du carbone, particulièrement discuté dans le contexte mondial actuel (notamment en vue de la Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques de 2015 -COP21-).

7 milliards d’humains peuplent la planète Terre, tous, à plus ou moins grande échelle, émetteurs de gaz à effet de serre (GES), parmi lesquels le dioxyde de carbone (CO2). Ces gaz ont un effet direct sur le réchauffement climatique et les dérèglements en cours. Depuis la signature du protocole de Kyoto en décembre 1997, la communauté internationale tente de réduire les émissions de GES afin de limiter l’ampleur de ces changements climatiques. Les écosystèmes forestiers ont été identifiés à la fois comme une des sources du problème (déforestation), et un des leviers d’actions. Les forêts constituent, avec les océans, les principaux stocks de carbone dans la nature. Alors que les émissions annuelles mondiales de GES atteignaient 49 GtC02 (soit 13 GtC) en 2004, les océans stockaient en moyenne 8 GtCO2, et les écosystèmes forestiers 9,6 GtCO2 (MEDDE, 2013). À leur échelle, les écosystèmes forestiers français, qui couvrent 16 millions d’hectares en métropole, participent au stockage du CO2 atmosphérique. La France ayant signé le protocole de Kyoto, elle cherche à la fois à réduire ses émissions de GES et à rendre son stockage de carbone plus efficace.

Le présent rapport, basé sur des études conduites en France métropolitaine, et plus largement en zone tempérée, propose des recommandations pour une gestion forestière efficiente en termes de stockage du carbone, tout en considérant les aspects économiques, écologiques et sociaux cruciaux. Sera brièvement présentée dans une première partie la place fondamentale du cycle du carbone dans l’écosystème forestier : où se trouve le carbone forestier ? Quels sont les flux de carbone au sein de l’écosystème ? La forêt est-elle un puits ou une source de carbone ?

Une seconde partie s’attachera à discuter des impacts sur le cycle du carbone des alternatives sylvicoles les plus fréquentes.

La troisième partie sera consacrée aux rôles clé des choix dans les filières bois : que devient le carbone des produits bois exportés de l’écosystème forestier ? A quelle échelle de temps le carbone est-il stocké puis relargué dans l’atmosphère ? Quels sont les effets de la substitution d’autres matériaux par le bois ? Quelle place le bois peut-il tenir comme source d’énergie ? Nous développerons la nécessaire prise en compte d’une hiérarchie des usages pour les produits bois, ainsi que l’intérêt d’une circularité accrue dans les filières forêts-bois-papier-énergie.

En conclusion, nous nous interrogerons sur l’intérêt d’une évolution de la politique forestière française, visant à promouvoir une gestion forestière prenant en compte de manière équilibrée les enjeux du carbone, mais aussi économiques, sociaux et écologiques. Une gestion centrée sur la production de bois d’œuvre pourrait- elle répondre à ces besoins multiples ? Quel est l’intérêt de conserver une trame de vieux bois en libre évolution ?

Afin de faciliter les comparaisons des différentes variables de ce rapport, les valeurs seront autant que possible exprimées en tonne de carbone (tC)

La suite : Le carbone forestier en mouvements
Le site du Réseau Ecologique Forestier Rhône-Alpes : REFORA